Restauration des façades sur la cour d’honneur – Château d’Écouen

Chef-d’œuvre de l’architecture Renaissance, le château d’Écouen continue de retrouver son éclat grâce à une ambitieuse campagne de restauration menée au cœur de la cour intérieure. Édifié entre 1539 et 1555, il présente un décor sculpté d’une richesse exceptionnelle, mêlant palmettes, rinceaux, chérubins ailés et motifs antiques. Depuis 1977, le monument abrite le Musée national de la Renaissance, voulu par André Malraux, et conserve une collection exceptionnelle de plus de 3 000 œuvres. À mesure que le chantier avance, ces détails longtemps encrassés retrouvent une lisibilité et une finesse remarquables, révélant la richesse originelle du monument, dont la dernière intervention d’envergure remontait à plus de cinquante an.

Une restauration progressive des quatre ailes de la cour

Sous la maîtrise d’ouvrage de l’OPPIC, cette troisième campagne de restauration porte sur les façades et toitures côté cour.

Depuis septembre 2023, le chantier avance de manière séquencée :

  • l’aile sud a été entièrement restaurée (2024),
  • l’aile ouest vient tout juste d’être achevée et la restauration de l’aile nord vient de débuter (fin 2025),
  • l’aile d’entrée du XIXᵉ siècle fera l’objet d’une dernière tranche, prévue pour s’achever fin 2026

Ce phasage permet au Musée national de la Renaissance, installé dans le château, de rester ouvert au public. Trente salles sur trente-six demeurent accessibles ; certaines œuvres sensibles ont été protégées ou déplacées afin de limiter les risques liés aux vibrations du chantier

Un travail minutieux sur la pierre et les décors sculptés

Les façades présentaient divers désordres : fissures, chutes ponctuelles, zones fragilisées par l’érosion. Le chantier porte ainsi sur la restauration des sculptures, menuiseries, charpentes, couvertures, mais aussi sur les éléments décoratifs qui font la singularité du lieu. Les équipes ont ainsi adapté leur intervention en fonction de la nature des encrassements, de la sensibilité des supports et de la complexité des reliefs.

Les méthodes utilisées sont complémentaires :

  • Nettoyage chimique
  • compresses imprégnées d’agents spécifiques,
  • application d’argiles nettoyantes (type Clean Galena), permettant une action douce mais efficace
  • Nettoyage mécanique
  • scalpel hydraulique pour un travail de précision dans les zones fragiles,
  • micro-gommage pour un nettoyage homogène des reliefs,
  • nettoyage au laser, particulièrement adapté aux surfaces sensibles et aux zones finement sculptées.

Ces interventions permettent de révéler la polychromie et les dorures anciennes, comme celles de la devise d’Anne de Montmorency, réapparues sur l’aile sud après nettoyage

Consolidation, restitution et finitions

Une fois les pierres nettoyées et stabilisées, les restaurateurs procèdent aux opérations de consolidation :

  • application de mortiers de solin de protection sur les zones érodées, épaufrées ou lacunaires,
  • utilisation de mortiers teintés dans la masse afin d’obtenir une teinte et une texture proches de la pierre d’origine,
  • restitution ponctuelle des formes manquantes lorsque la lecture du décor l’exige.

Enfin, un travail de patine est réalisé pour harmoniser l’ensemble, des pigments naturels, associés à de la chaux hydraulique et à un liant acrylique, permettent d’unifier les surfaces restaurées et de garantir une cohérence esthétique avec les éléments non repris.

Une restauration au service de la connaissance du monument

Au-delà de l’aspect esthétique, ce vaste chantier constitue une réelle source d’enrichissement pour la compréhension du château. Chaque intervention dévoile de nouveaux détails sur l’évolution architecturale de ce monument d’exception, modernisé au XVIᵉ siècle par Jean Goujon et Jean Bullant.

Certains vestiges sculptés, trop fragiles pour être reposés en façade, rejoindront les collections du musée, assurant leur préservation tout en offrant au public une nouvelle lecture de l’histoire du bâtiment

Les JEP 2025

Lors des JEP, l’Atelier Chevalier a proposé plusieurs ateliers participatifs permettant de découvrir les gestes et savoir-faire de la restauration :

  1. Atelier de patine et badigeon – découverte des pigments naturels : Présentation des techniques de coloration à base de chaux et de pigments minéraux, avec possibilité pour les visiteurs de manipuler les matériaux. Présentation des techniques de coloration à base de chaux et de pigments minéraux, avec possibilité pour les visiteurs de manipuler les matériaux.
  2. Atelier de sculpture sur pierre : Démonstrations de taille réalisées par nos sculpteurs, accompagnées de temps d’initiation pour les visiteurs, sous encadrement.
  3. Atelier de restauration de sculpture : Mise en œuvre de techniques de restitution par mortier de restauration, illustrées par des démonstrations et des essais accessibles au public.

Maître d’œuvre : Regis Martin, ACMH

Maître d’ouvrage : OPPIC

Occupant du site : Musée National de la Renaissance

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